L'Ordre des trois blasons
Présentation
1 – C’est désormais leur combat …
… (ou ce que vous ne saurez jamais sur l’ordre)
« C’est toujours par hasard qu’on accomplit son destin. Je m’appelle Cires Firskspear, ce soir le tortueux chemin de la fatalité les a tous conduit jusqu'à moi, alors que tout espoir semblait perdu. Ils furent mon ultime chance de transmettre mon lourd héritage, de poursuivre l’œuvre qui m’a été confiée. Car s’il leur reste encore des pages à écrire j’en suis pour ma part au dernier chapitre, demain je serais mort.
Alors je leur ai dit.
Je leur ai dit pour l’ordre, ses origines remontant premiers jours du royaumes d'arathor, des siècles évoluant dans le secret, de génération en génération cette même mission, ce même combat : Préserver le bien des peuple par tous les moyens, en marge de leurs propres autorités. Comme me l’a enseigné mon maitre, je leur ai dit les origines communes de l’ordre avec les gardiens de Tirisfal, jusqu’aux derniers liens supposés avec Medivh, le dernier gardien.
Je leur ai dit le mal qui ronge l’alliance, la légion qui use d’armes contre lesquelles il n’y a aucune parade, les traitres qui infestent le royaumes jusqu’aux plus hautes instances, la corruption qui ne se contente plus de gangrainer nos terres, mais s’installe peu à peu dans la chair des derniers êtres libres de ce monde.
Je leur ai dit enfin que j’étais le dernier, à l’agonie, incapable de continuer le combat. Que les derniers gardiens de l’ordre avaient été assassinés, que les archives avaient été perdues ou tombées entre les mains de l’ennemis, que mille ans d’histoire allaient disparaître, précédent de peu la chute d’Azeroth si rien n’était entrepris. Qu’il étaient ici pour poursuivre notre combat …
Ils ont accepté, je puis enfin quitter ce monde de fous et partir en paix.
Comme aux premiers jours de l’ordre, leur quête les amènera à se rassembler sous trois blasons, trois pouvoirs oeuvrant du même bras et menant un combat en silence. Ils seront les commerçants, les guerriers et les érudits, ils seront les brigands, les nobles et les croyants, par leurs différences ils infiltreront toutes les couches de la société, traqueront les traitres et rendrons une seule justice, celle des gardiens. L’ordre se relève et demain ses nouveaux gardiens parcoureront à nouveau les terres d’Azeroth, en secret, l’espoir renait ».
2 – Trois blasons pour une même quête
( … ou ce que vous savez de nous)
« Par la présente le conseil du roy notre bien aimé Anduin Wrynn déclare légitime l’ordre nommé - Trois Blasons – et lui accorde autorisation d’exercer les activités suivantes :
- Coopérative commerciale appelé Maison Monaghann sous la responsabilité de la marquise Monaghann
- Milice militaire privée appelée Maison du Thyl sous la responsabilité de la baronne Calysto du Thyl
- Ligue magique affilié tant à l'église de la sainte lumière qu'aux éléments de la nature, appelée Maison Elendas sous la responsabilité des frères Irius et Tsohanoai Elendas.
Ces trois maisons sont officièlement autorisées à s’associer et publiquement reconnues par la couronne de Hurlevent. »
2.1 – La Maison Monaghann
« Je dis toujours la vérité. Même quand je ment ». Haha je ne sais plus qui* disait ça mais je trouve que ça leur va bien. Il faut dire que dans ce milieu, quand on commence à trop en savoir sur toi ça devient dangereux. Ils sont comme ça les Monaghann, ils font leurs affaires et faut pas trop les embeter. Y'a pas que des poissons malades au fond du canal, si tu vois ce que je veux dire héhéhé. Il m'arrive de bosser avec eux, de toute façon, c'est difficile de les éviter quand on veux faire du commerce dans cette ville, alors je suis réglo, je paye ma p'tite taxe et ils me laissent tranquilles. Oui oui on te dira que ce sont d'honnêtes commerçants : Tavernes, apothicariums, épiceries .. une maison de commerçants pres-ti-gieux mené de main de fer par une marquise au pouvoir certain et au bras très long. Tu parles, du pouvoir ils en ont, mais pour le reste .. comme disait l'autre : « Elle respirait l'honnêteté, seulement elle avait la respiration très courte » hahahaha.
* Tony Montana dans Scarface.
2.2 - La maison du Thyl
La première fois que je les ai vu, je n’étais encore qu’un enfant. Je rentrais de chez mon cousin dans la vallée à quelques kilomètres de notre ferme. Mon trajet me fit passer près du vieux cercles de pierres, c’est là que je les entendu arriver. La plaine frémissait au passage de leurs chevaux, et mes oreilles en bourdonnent encore.
D’instinct je me suis réfugié dans le seul arbre de l’endroit, je ne crois pas que c’était de la peur, mais une sorte de sentiment de danger imminent.
Quoiqu’il en soit, je m’allongeai sur une épaisse branche afin de voir les cavaliers pénétrer dans le cercle de pierre. Ils étaient neuf. Tous portaient dagues et épées. Leurs habits étaient de bonne qualité, et leurs chevaux très grands, comme ceux que chevauchent les héros de la grande armée. Ils mirent pied à terre et sortir du cercle pour aller attacher leurs montures non loin.
« Tu penses qu’ils vont venir ?, s’enquit l’un deux ».
Je le revois comme si c’était hier : grand, large d’épaule, les cheveux blonds nattés sous un heaume de fer bruni.
« Il vont venir, répondit un autre, s’ils souhaitent vivre ».
Ils rejoignirent leurs camarades qui s’étaient assis à l’intérieur du cercle.
N’ayant pas encore décidé de signaler ma présence, je restai silencieusement allongé. Ils parlaient à voix basse et je n’arrivais à discerner clairement que quelques mots.
Le soleil descendait et je me décidais a quitter discrètement ma cachette. C’est alors que j’aperçus les cavaliers passer la colline pour approcher du cercle de pierre. Une troupe hétéroclite mêlant tigres et chevaux dans le même mouvement.
Ils arrêtèrent leurs montures autour du cercle, tandis qu’une femme s’avança au milieu. Les hommes contemplaient les nouveaux venus, déployés face à eux. J’avais l’impression qu’ils étaient tendus, presque effrayés par leur simple présence. Comme elle descendait de scelle, les hommes se levèrent, et le plus fluet d’entre eux s’avança vers elle.
« Comte…», elle incline légèrement la tête dans une révérence rigide.
« Baronne…», l’homme resta silencieux un instant, ses petites mains posées sur le pommeau d’une épée trop grande pour lui.
« J’ai eu vent de l’existence de votre maison », dit il d’une voix aigrelette. « Vos faits d’arme souffriraient d’être apprécier dans l’anonymat. Je vous ai mandé pour vous offrir mon conseil. La cour manquerait à tout devoir en ignorant votre maison, aussi je vous offre ma voix, et la grâce d’associer votre nom au mien. Gloire et fortune siègent dans des coffres dont les clés sont pendues au hochet d’un gamin imberbe. Avec vous à nos cotés nous n’aurions qu’à nous servir ».
« Messire, mon nom se marierait bien mal au vôtre je le crains », répondit sèchement la femme. « Vous tenez votre lignage de la robe de votre mère, le mien vient de l’épée de mes aïeux. Tenez vous pour dit que la Maison du Thyl entend bien rester hors du giron de courtisans tel que vous ».
« Baronne ! je vous offre là une belle alliance. Votre maison souffrirait en la refusant, et vos amis risqueraient de tomber précocement ». L’homme s’empourpra et fixa longuement du regard la troupe face à lui.
« Vous priveriez l’aigle qui vous sert d’emblème de ses ailes ? J’ai la bonne oreille du roi, il pourrait vous en coûter. Méfiez vous ! ».
« Ne nourrissez pas trop d’espoir sur notre chute messire », conseilla la jeune femme en souriant.
« La maison du Thyl n’est pas de celle que l’on taille comme un arbre. Je ne suis redevable au roi d’aucun manoir que l’on pourrait me reprendre dans un accès de colère. Il ne peut me dépouiller d’un seul centimètre de terre. Mon lignage est presque aussi ancien que le sien, et tout ce que je possède m’a été légué. Je n’ai occupé ni recherché aucun office, ni manipulé la monnaie royale, pas plus que les fonds du trésor. Contrairement à vous, je suis inattaquable. Je n’ai rien que ce « bambin » puisse me prendre par vos mauvais conseils, sinon sa faveur, et cela je peux m’en passer aussi facilement que je vais me priver de la votre ».
« Vous avez une vie ... », objecta le comte, « ... et des amis. Votre Maison est certes armée, mais qu’en est il des deux autres ? J’ai moi aussi mes forces et une ost qu’il me suffirait de lever ».
« Avisez vous d’en faire l’expérience », repris sèchement la femme.
« Lorsque l’on combat une hydre, l’on prendre garde à toutes ses têtes.
A n’avoir vécu qu’à la cour vous ignorez tout du monde… ne vous privez pas de la chance d’assister au prochain été par de mauvaises menaces ».
La femme jeta un regard rapide par dessus l’épaule du petit homme.
« Votre armée est bedonnante » reprit elle, « Notre maison compte les plus habiles bretteurs. Vos éclaireurs sont patauds, les nôtres trouvent les faille des plus compactes formations armées. Vos magiciens font divertissements entre deux gibiers un soir de grand banquet, ceux que je côtoie font pleuvoir feu et glace au gré de leur humeur.
Voyez messire que toute partie du roi qui vous est acquise, vous ne nous faites pas impression. Vous aurez l’importance que notre aigle voudra vous donner ».
« Joignez vous à nous baronne, parlons d’une alliance. Tout en parlant l’homme crispa une main moite sur son épée, tandis que ses hommes avançaient d’un pas au milieu du cercle ».
« Allons, vous ne nous avez pas fait venir ici pour parler, dit elle d’une voix forte et profonde. Vous nous avez fait venir pour que nous mourions. Alors, venez traîtres. Nous sommes là ».
Lentement tous dégainèrent leurs épées. Je pouvais sentir leur peur.
Puis, alors que le soleil tombait dans une gerbe de feu pourpre, ils passèrent à l’attaque…..
2.3 – La maison Elendas
"De l'ombre à la lumiere ! Du feu à la glace ! De la nature aux arcanes ! Nul ne peut prétendre défier la puissance de la magie !"
Le verbe haut, les bras levés vers le ciel, l'homme brandit un bâton et dans une gerbe de lumiere il fait tomber une pluie de feu derriere lui avec un ricanement prétentieux. Ses yeux roulent dans ses orbites, il décole petit à petit du sol, en fond, les flames redoublent de puissance. Les murs de pierres se mettent à rougir dangeureusement, le crépitement du feu devient presque assourdissant.
"Ouais... La pluie de feu c'est connu hein... Qu'est ce que tu sais faire d'autre le mage ? Les effets spéciaux c'est bien mais ça suffit pas pour rentrer chez nous !"
Un peu décontenancé, l'homme retombe lourdement sur le sol mettant fin du même coup à la scène apocalyptique. Il bredouille quelques mots et regarde d'un oeil rond le démon bleu vaporeux qui en profite pour faire quelques grillades sur les pierres encore chaudes.
"Les gars ! Vous n'avez pas faim vous ? La reserve est vide..."
D'un coup de baguette magique, la salle se vide comme un seul homme, laissant le mage perplexe à ses bredouillements : "Ma.. Mais ?! Vous allez où ?
_ Occir un dragon pour le déjeuner et piller les reserves de jaret de la Gangr'horde ! Pis sans doute du côté d'Hakkar pour vider les bouteilles de Sombrelune histoire de faire glisser le tout !"
D'un seul et même mouvement ils s'élancent à l'assaut des territoires, les rangs mêlés de démons, de félins, d'arbres, d'ours, en armure sur de lourds chevaux de batailles, ou en robe sur des béliers au fumet indélicat. Ils ont l'air aussi féroces que joyeux.
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